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Conformité

Quand un assistant d’IA déclenche-t-il une évaluation de l’incidence algorithmique ?

La question surgit dès la première réunion d’architecture, et la réponse change la conception, l’échéancier et le parcours d’examen.

La réponse courte

Qu’est-ce qui déclenche une évaluation de l’incidence algorithmique ?

La Directive sur la prise de décisions automatisée du Conseil du Trésor s’applique aux systèmes en production qui prennent ou appuient des décisions administratives concernant des clients. Il en va de même des évaluations connexes. Elle exclut les systèmes d’essai et de recherche. Un assistant d’IA déclenche donc une évaluation de l’incidence algorithmique (EIA) quand deux conditions se rencontrent. Il est passé en production, et son résultat sert à une décision ou à une évaluation administrative visant une personne ou une entité que l’institution sert. Un assistant de recherche documentaire qui renvoie des passages à un analyste qui raisonne ensuite de façon indépendante peut échapper à cette portée. L’institution doit poser ce jugement et le consigner.

Le détail suit : où se situe la frontière et ce que l’évaluation examine. Puis comment le niveau d’incidence qui en découle commande l’examen par les pairs, et une liste de présélection que vous pouvez appliquer à votre propre flux de travaux cette semaine.

Source

Instrument de référence : Directive sur la prise de décisions automatisée du Conseil du Trésor, modifiée le 24 juin 2025. En cas de divergence entre la présente page et la Directive, c’est la Directive qui prévaut.

La frontière

Appuyer une décision ou récupérer de l’information

Deux systèmes qui paraissent identiques en démonstration peuvent se situer de part et d’autre de cette frontière.

Un système appuie une décision lorsque son résultat constitue, pour le décideur, un intrant sur lequel il s’appuie comme tel. Cela comprend un score, un classement, une recommandation ou un signal d’admissibilité. Cela comprend aussi un indicateur de risque, une ébauche de décision, ou un résumé qui devient en pratique le fondement de la décision. Le système n’a pas à être automatique, et il n’a pas à avoir raison. Ce qui compte, c’est le rôle que joue son résultat dans le processus administratif.

Un système récupère de l’information lorsqu’il repère et présente des documents sources à partir desquels une personne raisonne ensuite de façon indépendante. Le fonctionnaire lit les passages cités, exerce son propre jugement et sa propre autorité législative, et pourrait arriver à la même conclusion sans l’outil, plus lentement. L’outil est un index plus rapide, non un participant au raisonnement.

Avertissement

Ce qui fait franchir la frontière à un système

La frontière ne se décide ni par l’architecture ni par le vocabulaire. Qualifier un système d’assistant ne le place pas du côté de la récupération, et recourir à la génération augmentée par récupération (GAR) non plus. Trois facteurs font franchir la ligne à un outil, en pratique. Le premier est un résultat rédigé comme une conclusion plutôt que comme du matériel source. Le deuxième est une étape de révision devenue une formalité, parce que l’interface fait de l’acceptation la voie de moindre résistance. Le troisième est tout champ rempli par le système qui se retrouve au dossier de décision.

La position honnête, c’est que cette frontière relève d’un jugement que votre institution pose, en contexte, pour un système donné. L’EIA est l’instrument qui sert à poser et à documenter ce jugement. C’est pourquoi nous conseillons de remplir l’évaluation quand la réponse est incertaine. Ne débattez pas de son applicabilité en réunion. Le questionnaire est la façon structurée d’en avoir le cœur net, et une évaluation remplie qui révèle un faible niveau d’incidence est un résultat documenté qu’un vérificateur peut examiner.

L’instrument

Comment l’évaluation est structurée et ce qu’elle sonde

L’EIA est un questionnaire structuré, non une dissertation. Comprendre sa forme vous indique quelles preuves réunir avant de commencer.

Le questionnaire comporte deux parties. Les questions sur les risques décrivent le système, le processus opérationnel, les données et les personnes touchées ; elles produisent un score d’incidence brut. Les questions sur les mesures d’atténuation décrivent les contrôles en place (consultation, gouvernance des données, essais, explicabilité, supervision humaine, surveillance). Elles produisent un score d’atténuation qui peut réduire le résultat brut. La combinaison des deux donne un niveau d’incidence de I à IV, et ce niveau détermine les exigences qui s’attachent au système.

Les niveaux d’incidence, en aperçu. Les exigences précises de chaque niveau figurent dans la Directive et ses annexes ; consultez-les plutôt que ce résumé avant d’arrêter un plan.
NiveauCaractérisation généraleCe qui en découle habituellement
Niveau IIncidence faible ou nulle ; les effets sont réversibles et brefs.Exigences les plus légères. Les obligations de documentation et de transparence s’appliquent quand même.
Niveau IIIncidence modérée ; les effets sont probablement réversibles et de courte durée.L’examen par les pairs s’applique, en plus des obligations d’avis, d’explication et de surveillance.
Niveau IIIIncidence élevée ; les effets peuvent être difficiles à renverser et sont continus.L’examen par les pairs s’applique, avec des attentes plus exigeantes en matière de supervision, d’explication et de mesures d’urgence.
Niveau IVIncidence la plus élevée ; les effets sont irréversibles et perpétuels.L’examen par les pairs s’applique, avec les exigences les plus rigoureuses sur tout le cycle de vie.

Lisez les domaines que l’évaluation sonde avant de construire, car ils touchent des décisions d’architecture autant que des formalités :

Pouvoir à l’origine du projet
Le pouvoir légal et le pouvoir du programme qui fondent l’activité, et la question de savoir si la composante automatisée s’y inscrit.
Capacité du système
Ce que le système fait, ce qu’il produit, son degré d’autonomie, et l’endroit où une personne intervient dans le processus.
Explicabilité algorithmique
La question de savoir si le raisonnement peut être expliqué à une personne touchée dans des termes qui lui permettent d’agir, et non si un ingénieur peut décrire le modèle.
Qualité et provenance des données
L’origine des données, leur adéquation à la fin visée, la façon dont on les tient à jour, et ce qui se passe quand elles sont erronées.
Caractéristiques protégées et variables de substitution
La question de savoir si le système emploie des caractéristiques protégées par la législation sur les droits de la personne, ou des variables qui en tiennent lieu. Et celle de savoir si cela pourrait aggraver les obstacles existants pour les groupes vulnérables.

Le dernier domaine mérite une attention particulière dans les systèmes de recherche documentaire. Le biais s’y cache dans le corpus et dans le classement plutôt que dans une variable explicite. Un système qui fait remonter certains précédents plus facilement que d’autres pose un choix de fond, même si aucune caractéristique protégée n’apparaît nulle part dans sa configuration.

Assurance

Examen par les pairs : qui peut le faire et ce qu’il examine

L’examen par les pairs est facile à découvrir tardivement, et c’est l’exigence la plus susceptible de repousser une date de mise en œuvre. Prévoyez-le dès la conception, pas après l’acceptation.

Les niveaux d’incidence II à IV exigent un examen par les pairs. Les examinateurs qualifiés peuvent provenir de la fonction publique, du milieu universitaire ou de la société civile. Il peut aussi s’agir d’un spécialiste sous contrat ou d’un comité désigné par le Secrétariat du Conseil du Trésor. L’idée répandue selon laquelle un ministère doit retenir les services d’une firme externe est inexacte. Un examinateur qualifié au sein de la fonction publique ou d’un établissement universitaire peut satisfaire à l’exigence, et c’est souvent la voie la plus rapide et la moins coûteuse.

Les examinateurs vérifient si l’évaluation décrit fidèlement le système, et si les données sont de qualité suffisante et de provenance appropriée. Ils vérifient aussi l’équité procédurale du processus pour les personnes touchées et le caractère significatif de l’explication offerte. Ils vérifient enfin que l’institution a dûment pris en compte les obligations en matière de protection des renseignements personnels. Donnez-leur ce dont ils ont besoin pour faire ce travail. Cela signifie l’évaluation remplie, la description des données, la méthode et les résultats d’évaluation, la conception de la supervision humaine, et une liste honnête des limites connues.

Mettez-la en pratique

Une liste de présélection utilisable

Parcourez-la avec le responsable du programme et la fonction d’IA responsable ou de vie privée dans la salle. Consignez la réponse et le raisonnement ensemble ; c’est le raisonnement qui constitue la pièce justificative importante par la suite.

  1. Le système s’en va-t-il en production, ou s’agit-il de recherche ou d’essai ? Les systèmes d’essai et de recherche sont exclus de la Directive. Consignez la date du début de la production, car ce changement de statut est facile à manquer.
  2. Qui est touché par le résultat ? Un client de l’institution (une personne ou une entité qui reçoit un service, une prestation, une décision ou une mesure d’exécution) ? Ou seulement du personnel interne qui produit du travail interne ?
  3. Le résultat sert-il à une décision administrative ou à une évaluation connexe ? Suivez le résultat jusqu’à sa destination. S’il aboutit à un dossier de décision, à un dossier de cas ou à une recommandation, dites-le.
  4. Le système produit-il un score, un classement, une recommandation, un signal d’admissibilité ou une ébauche de décision ? N’importe lequel de ces éléments oriente vers l’appui à une décision plutôt que vers la récupération d’information.
  5. Un examinateur adopterait-il en pratique le résultat sans raisonnement indépendant ? Posez la question aux personnes qui s’en serviront, pas à celles qui en assureront la gouvernance.
  6. Le système emploie-t-il des caractéristiques protégées ou des variables qui en tiennent lieu de façon plausible ? Le code postal, la forme du nom, la langue de correspondance et l’historique auprès de l’institution sont tous, dans le bon contexte, des variables de substitution.
  7. Le résultat pourrait-il toucher des droits, des prestations, la santé, la sécurité, des intérêts économiques ou l’accès à un service ? Si oui, considérez que la présélection oriente vers l’évaluation, peu importe la façon dont l’outil est décrit.
  8. Que se passe-t-il quand il se trompe ? Qui s’en aperçoit, en combien de temps, quel est le recours pour la personne touchée, et l’effet est-il réversible ?

Si les questions 3, 4, 5 ou 7 reçoivent un oui, remplissez l’EIA. Si elles reçoivent toutes un non sans équivoque, consignez la présélection, la date, le raisonnement et la personne qui en répond. Puis inscrivez la reprise au contrôle des changements. Un assistant à faible incidence peut acquérir discrètement une fonction de recommandation à la quatrième version et franchir la frontière sans nouvelle présélection. Nous aidons votre institution à mener cette présélection dans le cadre du Sprint de cadrage et de gouvernance. Nous intégrons ensuite la frontière qui en résulte à la conception du projet pilote de six semaines.

Une lecture erronée à éviter

Ce que le Registre de l’IA du gouvernement du Canada dit et ne dit pas

Le Registre de l’IA du gouvernement du Canada est une carte utile de ce que les institutions fédérales font avec l’IA. Ce n’est pas une liste des systèmes qui exigent une EIA, et il ne devrait pas être cité comme telle. Le registre couvre des systèmes allant de l’exploration initiale jusqu’au déploiement, et le fait d’y figurer ne dit rien en soi sur l’application de la Directive à une entrée donnée.

C’est aussi, explicitement, un produit minimum viable aux champs incomplets. Il comptait 412 entrées provenant de 43 institutions au moment de notre consultation, le 5 septembre 2026, pour un fichier mis à jour la dernière fois le 28 avril 2026. Ce décompte ne devrait pas être cité comme le nombre de systèmes fédéraux assujettis à la Directive. Le registre ne comporte aucun champ de niveau d’incidence, de sorte qu’il ne peut pas non plus répondre à cette question dans un sens ou dans l’autre. Voyez-y un répertoire pour trouver des travaux comparables et les personnes qui les mènent, ce qui a une réelle valeur, et non un dénominateur de conformité. Nous avons lu le fichier au complet dans ce que le registre fédéral de l’IA montre.

Source

Source : Registre de l’IA du gouvernement du Canada (produit minimum viable), mis à jour le 28 avril 2026.

Honnêteté

Limites et ce que ce texte ne couvre pas

  • Ceci n’est pas un avis juridique ni une détermination de conformité. L’applicabilité est décidée par votre institution, au regard du texte en vigueur de la Directive. Cette décision se prend avec vos services juridiques, votre bureau de la protection des renseignements personnels et votre fonction d’IA responsable.
  • Ceci ne remplace pas l’évaluation officielle. L’Outil d’évaluation de l’incidence algorithmique et son questionnaire sont l’instrument qui fait autorité. Notre liste de présélection est une aide à la préparation.
  • Portée fédérale seulement. La Directive lie les institutions fédérales qui relèvent de sa portée. Les provinces, les territoires, les municipalités, les autorités sanitaires et les universités ont leurs propres cadres, et ceux-ci diffèrent. Les institutions financières fédérales devraient se reporter à la ligne directrice E-23 du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), en vigueur le 1er mai 2027.
  • Nous ne résumons les niveaux d’incidence qu’en aperçu. Les exigences précises de chaque niveau figurent dans la Directive et ses annexes. Les attentes d’examen par les pairs qui s’y rattachent figurent dans le guide sur l’examen par les pairs. Lisez la source avant de bâtir un plan autour d’un niveau.
  • Les politiques évoluent. Les dates et le contenu présentés ici sont exacts selon notre lecture du 15 août 2026. Vérifiez-les au regard des sources de référence avant de vous y fier dans une analyse de rentabilité ou dans une soumission.

Prochaine étape

Faire la présélection d’un flux de travaux, par écrit, ce mois-ci

Une présélection écrite prend environ une heure, une fois les bonnes personnes réunies.

Apportez le flux de travaux tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Apportez aussi le résultat que le système produirait, le chemin que ce résultat emprunte ensuite, et le pouvoir de programme sous lequel il s’inscrit. Nous parcourrons la liste de présélection avec vous. Nous vous aiderons à rédiger le raisonnement, que votre institution confirme et consigne ensuite.

Lectures connexes : le Guide pratique 2026 du déploiement d’agents souverains au Canada, comment évaluer un agent de connaissance, et notre modèle de contrôle. Cette question compte surtout pour le schéma de l’assistant de politiques et de recherche.