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Approvisionnement

Comment rédiger un énoncé des travaux de projet pilote d’IA prêt pour l’approvisionnement

Dans le secteur public canadien, un énoncé des travaux de projet pilote en intelligence artificielle peut échouer sur trois points, et aucun n’est technique. La portée ne dit pas ce que le projet pilote servira à décider. Les exigences de sécurité nomment un niveau de sensibilité sans nommer la preuve. Et les clauses de propriété intellectuelle laissent l’acheteur incapable de mettre à l’essai ce qu’il a acheté.

Chacun se corrige en un paragraphe, à condition que le paragraphe soit écrit avant la publication de l’exigence.

Sachez dans quel instrument d’approvisionnement vous êtes avant de rédiger

Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) tient la Liste des fournisseurs pour de l’intelligence artificielle, composée de fournisseurs préqualifiés. Il l’a publiée le 15 janvier 2019. La page ministérielle qui la décrit a pour dernière modification le 1er octobre 2025. Elle indique que 74 fournisseurs ont d’abord obtenu leur qualification et que le nombre a depuis atteint 145. La page compagnon de la liste des fournisseurs, modifiée pour la dernière fois le 18 août 2026, en compte nettement plus que cela. Comptez-les donc le jour où vous citez le chiffre, plutôt que de reprendre celui d’une page qui n’a pas bougé depuis un an.

Deux structures se superposent, et il est facile de les confondre.

Trois catégories de capacités : les perspectives et la modélisation prédictive ; les interactions personne-machine ; l’automatisation cognitive. Notez qu’il s’agit là des noms de catégories réels. « Apprentissage automatique » et « vision par ordinateur » ne sont pas des catégories de cette liste. Une exigence rédigée d’après ces mots-là ne correspondra à rien.

Trois fourchettes de valeur : jusqu’à 1 000 000 $, jusqu’à 4 000 000 $ et jusqu’à 37 500 000 $, toutes avant taxes.

L’invitation permanente à se qualifier qui alimentait la liste a pris fin le 15 janvier 2025, et la liste la marque comme expirée. Services publics et Approvisionnement Canada indique avoir ouvert une invitation à se qualifier de remplacement. Confirmez le numéro de sollicitation en vigueur directement auprès de l’équipe ministérielle d’approvisionnement en intelligence artificielle, plutôt qu’à partir d’une liste secondaire.

Sachez si vous mettez le marché en concurrence

L’Avis sur la Politique des marchés du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada portant sur les seuils des accords commerciaux a paru le 23 décembre 2025. Il fixe les valeurs en vigueur du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027. Un seul jeu de valeurs couvre les deux années.

Les valeurs ci-dessous s’appliquent aux ministères et organismes fédéraux qui achètent des services.

Seuils applicables aux services

Le seuil de l’Accord de libre-échange canadien est de 139 000 $. Un seuil de 239 200 $ vaut pour trois accords. Le premier est l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne. Les deux autres sont l’Accord sur les marchés publics de l’Organisation mondiale du commerce et l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste.

Une mise en garde facile à mal formuler. Ces seuils déterminent si un marché est visé par les accords commerciaux, et donc si les obligations d’appel d’offres ouvert et de non-discrimination s’appliquent. Franchir un seuil n’interdit pas en soi l’attribution de gré à gré. Les accords comportent des exceptions relatives à l’appel d’offres limité, et le Règlement sur les marchés de l’État prévoit des exceptions distinctes à la demande de soumissions. Écrivez « visé » dans vos documents, et non « doit être mis en concurrence », à moins d’avoir vérifié l’exception au regard du dossier.

Un seuil distinct vaut la peine d’être connu tôt. Le guide du Secrétariat à l’intention des rédacteurs de présentations au Conseil du Trésor, modifié pour la dernière fois le 1er avril 2026, fixe la règle. Il exige une annexe à la présentation pour les propositions comportant plus de 10 nouveaux équivalents temps plein.

Rédigez la portée autour d’une décision, pas d’une capacité

L’énoncé des travaux d’un projet pilote devrait nommer la décision que le projet pilote existe pour éclairer. Il devrait aussi nommer la preuve qui appuierait chacune des réponses possibles, et la date à laquelle la décision sera prise. Trois phrases. Sans elles, le livrable devient une démonstration et l’évaluation devient affaire de goût.

Rédigez ensuite la limite. Si le flux de travaux est voisin de déterminations concernant des personnes, dites explicitement ce que le système fera et ce qu’il ne fera pas. Vérifier qu’une demande est complète, c’est assister. Déterminer qu’un demandeur n’est pas admissible, c’est décider. Ces deux phrases ont leur place dans la section sur la portée, et non dans une annexe.

Arrimez l’horloge de la conformité au calendrier

La Directive sur la prise de décisions automatisée exige une évaluation de l’incidence algorithmique au début de la conception, puis de nouveau avant la mise en production du système. Cette seconde évaluation confirme que les résultats décrivent le système construit. L’institution publie les résultats dans les deux langues officielles sur le Portail du gouvernement ouvert. Depuis les modifications en vigueur le 25 avril 2023, elle doit aussi rendre publiques les constatations de l’examen par les pairs, intégralement ou en résumé, avant le lancement d’un système.

Inscrivez-les comme jalons datés au calendrier de l’énoncé des travaux, avec un responsable désigné. Une évaluation qu’il faut produire mais qui n’est pas planifiée peut devenir la raison pour laquelle un projet pilote rate sa mise en production.

Le critère de la décision administrative détermine la portée de la Directive, et non le caractère interne d’un système. Depuis 2023, elle vise expressément les services internes, dont l’embauche, la gestion du rendement et le filtrage de sécurité des employés. L’automatisation partielle compte aussi : un système qui fournit à un agent de traitement une évaluation influençant une décision est visé.

Nommez la preuve de sécurité, pas la cote de sensibilité

« Doit satisfaire aux exigences Protégé B » n’est pas une exigence. C’est une catégorie. Ce que vous achetez, c’est la preuve.

Nommez la voie d’évaluation. Le Programme d’évaluation de la sécurité infonuagique du Centre canadien pour la cybersécurité, dont la page est datée du 19 juin 2026, applique trois niveaux de référence. Nuage Modéré et Nuage Élevé visent tous deux l’information jusqu’au niveau Protégé B et se distinguent par le degré de préjudice découlant d’une atteinte à la disponibilité et à l’intégrité. Décidez lequel s’applique et inscrivez-le dans l’exigence.

Nommez les attestations. Le Centre pour la cybersécurité compare les attestations existantes de l’industrie plutôt que d’évaluer lui-même chaque fournisseur, et son document sur le processus d’évaluation en nomme quatre. La première est constituée des plans de sécurité de système produits pour le Federal Risk and Authorization Management Program. La deuxième, des rapports System and Organization Controls (SOC) 2 de type II de l’American Institute of Certified Public Accountants (AICPA). Les troisième et quatrième sont les rapports 27001 et 27017 de l’Organisation internationale de normalisation et de la Commission électrotechnique internationale (ISO/CEI). Énumérez ces quatre-là.

Nommez les mesures de protection. Les mesures de protection du nuage du gouvernement du Canada sont obligatoires depuis mai 2022 en vertu d’une norme rattachée à la Directive sur les services et le numérique. La mise en œuvre, la validation et la production de rapports de conformité sont exigées rapidement. Le délai est de 30 jours ouvrables à compter du moment où un ministère obtient l’accès à un compte infonuagique.

Et vérifiez tôt le modèle d’hébergement. Sous le régime de cette même directive, certaines propositions doivent être soumises au Conseil d’examen de l’architecture intégrée du gouvernement du Canada. Ce sont celles qui visent des services classés au niveau Protégé B ou en deçà. Elles recourent en outre à un modèle de déploiement autre que le nuage public pour l’hébergement, le déploiement ou le développement d’applications. Un projet pilote qui présume discrètement d’un hébergement sur place vient de se donner une étape de gouvernance que personne n’avait planifiée.

Rédigez les clauses propres à l’intelligence artificielle, parce que le jeu standard n’en contient pas

Le Guide des clauses et conditions uniformisées d’achat porte son propre avis selon lequel il « n’est plus tenu à jour depuis juin 2023 ». Une recherche ciblée dans le jeu de clauses archivé, en septembre 2026, n’a fait ressortir aucune clause traitant de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique ou des systèmes algorithmiques. Les contrats existants qui emploient ces clauses demeurent valides ; les nouvelles exigences en intelligence artificielle ont besoin d’un libellé rédigé pour la circonstance.

L’orientation canadienne gouvernementale actuelle la plus claire sur le contenu de ce libellé vient de l’introduction du Centre pour la cybersécurité aux 10 mesures de sécurité en matière d’intelligence artificielle. Elle a paru en mai 2026 et a été modifiée pour la dernière fois le 29 mai 2026. Dans ses propres mots : « Exiger de la transparence, des droits de vérification, une responsabilité et des restrictions d’utilisation ».

Elle ajoute que « les contrats établis avec des fournisseurs d’IA doivent définir explicitement les clauses liées à l’utilisation des données ». Elle cite aussi les clauses liées « à la protection de la vie privée, à la vérification et à la responsabilité connexe ». Et encore : « Interdire l’utilisation non autorisée des données organisationnelles pour l’entraînement d’un modèle ».

Ailleurs dans le même document, elle demande d’imposer des réglages par défaut « sans entraînement ». Elle demande aussi de tenir une nomenclature de l’intelligence artificielle couvrant les modèles, les jeux de données et les dépendances.

Six clauses, donc, au minimum :

Aucun entraînement sur les données de l’acheteur, par défaut, imposé par la configuration et pas seulement affirmé.

Des droits de vérification et de mise à l’essai sur le système livré, y compris le droit d’exécuter contre lui le propre ensemble d’évaluation de l’acheteur.

L’emplacement et la circulation des données, énoncés pour le chemin des requêtes autant que pour le corpus, y compris tout modèle tiers que le fournisseur appelle.

L’accès à la journalisation, avec les champs nommés : outils utilisés, actions accomplies, approbations données, principales entrées et sorties, et langue de la demande lorsque le service s’adresse au public.

Une nomenclature des modèles, des jeux de données et des dépendances, livrée et tenue à jour.

La notification des changements de modèle, parce qu’un modèle hébergé peut changer sous un système en service sans qu’il y ait d’événement contractuel.

La deuxième clause compte plus qu’il n’y paraît. L’orientation de la Directive elle-même en matière d’approvisionnement renvoie les ministères aux services juridiques sur un point précis. Il s’agit des « questions de licences, notamment à l’égard des secrets commerciaux ». Il s’agit aussi de « toute contrainte qu’elles peuvent imposer à la capacité d’un ministère d’accéder à des systèmes propriétaires et de les mettre à l’essai ». Cette contrainte est négociable au moment de la rédaction de l’exigence, et pratiquement inamovible par la suite.

L’épreuve

Source

Les montants en dollars de cette page sont ceux des sources ou des montants consignés, pas nos prix. Nos prix sont en dollars canadiens (CAD), TPS/TVH en sus.

Avant de le publier, remettez l’énoncé des travaux à une personne qui n’a pas participé au projet et posez-lui trois questions. Quelle décision ce projet pilote sert-il à éclairer ? Quelle preuve établit le niveau de sécurité ? Et le dernier jour du contrat, que pouvons-nous mettre à l’essai nous-mêmes, sans l’aide du fournisseur ?

Un énoncé des travaux qui survit à ces trois questions survivra au conseil d’examen.

Source

Sources : Avis sur la politique des marchés 2025-8, seuils des accords commerciaux, pour la période du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027. Liste des fournisseurs pour de l’intelligence artificielle de SPAC, modifiée le 1er octobre 2025. ITSM.50.100. Guide à l’intention des rédacteurs de présentations au Conseil du Trésor, modifié le 1er avril 2026. Consultés le 12 septembre 2026 et à revérifier d’ici le 12 mars 2027. Les textes réglementaires de ce site relèvent de l’analyse et ne constituent pas un avis juridique.

Précédemment : de la démonstration au service en exploitation. Prochain article de la série : modèles à poids ouverts ou modèles propriétaires, un modèle de coûts canadien.